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L'école à Escource

L'école à Escource

« Qui a eu cette idée folle, un jour d’inventer l’école…c’est ce sacré Charlemagne… »
 Les archives ne permettent pas de savoir si Charlemagne a pensé créer une école à Escource.  Car la première mention d’une école à Escource date de 1740

En 1789, l’instituteur était Monsieur Labirousque. Il était payé 2 francs par mois et par enfant, et pour ce prix dispensait un enseignement qui consistait à savoir lire, écrire et chiffrer. Ce salaire de misère ne suffisant pas pour vivre ; il était aussi chantre et sonneur de cloche de la paroisse. Il y avait alors onze garçons qui fréquentaient l’école. Les filles n’allaient pas à l’école. Le prix de la pension pour ceux venant de loin était de 200 francs et de 100 francs pour les demi-pensionnaires. Escource compte alors 130 familles mais il n’y a que 12 maisons au bourg. La raison est que l’église venait de créer un impôt le « Santou », taxe due par les seules villes et villages et devait être versé en seigle ou froment pour la Saint Vincent au duché de Dax. C’en était trop et nos landais révoltés décidèrent de déserter villes et bourgs. Ce mouvement migratoire va d’ailleurs participer à l’essor de l’agriculture et la création de l’habitat de quartier, l’airial. Cet impôt ne disparut qu’à la Révolution de 1789. A cette époque la population d’Escource était de 880 âmes dont seulement une cinquantaine pouvait lire et écrire sans autres connaissances et seulement une dizaine dont l’instruction dépassait ces rudiments.. Il est important de noter qu’à cette époque l’école n’était pas obligatoire  ni gratuite. Aussi l’enseignement ne concernait que les enfants des familles les plus aisées. L’instituteur était logé par la commune et les parents des écoliers lui fournissaient le bois de chauffage.
En 1834, en plus du droit d’écolage à la charge des familles, l’instituteur perçoit une rémunération de 200 francs par an et en sa qualité de chantre et de carillonneur.. Il est de plus d’usage à Escource, du propriétaire le plus aisé au plus petit colon, de lui payer une rétribution annuelle à savoir : les propriétaires ¼ d’hectolitre de seigle et les colons 1/8 d’hectolitre de millade. Sous prétexte qu’ils ne sont pas agriculteurs, les habitants du bourg se font tirer l’oreille, aussi la prestation en nature est-elle remplacée par une taxe personnelle et annuelle par habitation. Chaque propriétaire et aubergiste paieront 2 francs et le petit locataire 1 franc. De plus pour aider au développement de l’instruction la loi de 1833 prévoit la prise en charge par les communes des frais scolaires pour les enfants nécessiteux.
Ainsi en 1834, sur 45 élèves, ils sont 9 dont les parents n’ont à payer d’autres rétributions si ce n’est qu’une charretée de bois par an et enfant pour les faire chauffer pendant l’hiver.
En 1853 se fait l’installation d’une institutrice publique et l’école des filles est placée dans la maison louée à Mme veuve Gazailhan pour 50 francs
En 1861 avec 1617 habitants, Escource est à son peuplement maximum. Il y avait 76 garçons et 32 filles à l’école publique. Une petite école tenue par les Ursulines regroupait une vingtaine de fillettes, mais l’instruction dispensée était plus ménagère que livresque. Cette institution fermera en 1903 à la suite de la loi de 1901 interdisant l’enseignement par des congréganistes.
Le 3 Juin 1869, le Conseil municipal vote la gratuité de l’école pour tous. C’est ainsi qu’en 1870, on compte 62 garçons et 40 filles qui bénéficient de la gratuité totale de l’enseignement
En 1883 la loi Guizot, va imposer une école primaire dans chaque commune. Escource disposant déjà d’une école au centre du bourg, sur la place actuelle, n’a pas eu a construire un bâtiment nouveau, mais en échange a demandé une subvention pour acheter des manuels scolaires  « répugnant à décider d’un impôt extraordinaire et sous prétexte que celui qui voudra envoyer ses enfants à l’école, devra payer personnellement comme il l’a fait jusqu’à ce jour… ».
Cette école publique d’alors n’a pas grand chose à voir avec ce que connaissent les enfants d’aujourd’hui. Comme nous l’avons déjà dit, l’école de garçons était au centre du bourg sur l’actuelle place et datait de 1826. En 1859 on démonte celle-ci pour la transférer sur le tuc au sud de l’église et y installer l’école des filles après y avoir apporté quelques modifications car la hauteur n’est pas suffisante, la salle de classe pas assez spacieuse et n’est éclairée que d’un seul coté et de plus les ouvertures sont trop étroites (normal pour l’époque car les impôts étaient calculés sur la surface des ouvertures)
En 1896, on envisage une construction d’école neuve tant les locaux sont dégradés, « par suite de l’exiguïté des classes, les élèves et les maîtres y respirent constamment un air vicié très nuisible à leur santé. L’éclairage est défectueux et tout est en état de vétusté. Sa position sur le monticule où elle se trouve rend l’accès difficile par les petits enfants et les exposent à toutes les rigueurs du froid en hiver et de la chaleur en été. Ce local destiné à être souvent habité par des maitresses célibataires, par son éloignement de toute habitation est d’un séjour si peu agréable que les maîtres qui l’ont occupé jusqu’à ce moment ont hâte de le quitter dès que possible… Le sol du préau n’est formé que d’un sol noirâtre où s’accumulent chaque jour des matières organiques en décomposition qui soulevées se répandent dans les classes et peut être un danger pour la santé des élèves et des maîtres… ».
Le 26 Aout 1900 le Conseil décide la construction de l’école de filles sur le local acheté en 1897 à Mademoiselle Menaut 
Ce n’est qu’en 1903 que les filles eurent droit à une école toute neuve en bordure de la route de Sabres. La vieille école est toujours sur le tuc et est devenue résidence particulière..
En mai 1909 il y a à l’école des garçons 37 +65 = 102 élèves, et à l’école des filles 50 + 79 = 129 élèves, soit un total de 231 enfants scolarisés. La plupart prennent les repas scolaires que l’on vient d’inaugurer à  0,06 franc (soupe) Les soupes scolaires à Escource ont été décicées en 1906.. Il reste cependant 75 enfants d’âge scolaire (7 à 12 ans) qui ne vont à aucune école.                           
Par ailleurs  la  commune aidait son école le plus possible. C’est ainsi qu’en 1893, elle mit à sa disposition  une parcelle de terre au jardin de la moulasse pour permettre des actions pratiques alors que les leçons d’agriculture avaient été rendues obligatoires. En 1895 l’école reçoit le premier appareil à projections lumineuses et vues photographiques.
En 1997 les lauréats du certificat d’études recevaient un livret de Caisse d’Epargne de 10 francs, somme importante quand à la même époque un berger touchait 100 francs par an.
Il faut cependant remarquer que l’assiduité scolaire restait pour certains enfants quelque chose d’aléatoire en raison de la dispersion de l’habitat et des saisons, la fréquentation étant plus forte en hiver qu’en été, à cause des travaux des champs..
Il ne faut pas oublier non plus les jours d’école buissonnière où les petits dénicheurs pouvaient s’en donner à cœur joie, tout en développant leur aptitude de chasseur, innée chez les landais, car ils pouvaient se mettre quelques sous dans la poche. En 1911, un corbeau, une pie ou un épervier détruit donnait droit à une prime de 25 centimes et une nichée de ces oiseaux à 1 franc
Signalons que le 22 aout 1920 le Conseil Municipal accepte le principe de l’enseignement musical. Mr Baillet recevra 140 francs par mois à partir de janvier 1921. Il y restera jusqu’au 14 avril 1927, date à laquelle Joseph Dupouy prendra la suite. Les fondateurs de la Société « La Fanfare d’Escource » sont Louis Coumet et Louis Dagrau.

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